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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 16:19

 

Au milieu de toutes nos péripéties administratives dans ce pays de la non-violence et de la sagesse qu’est l’Inde, je pense que 2 expériences sortent du lot et méritent d’être expliquées :

Numéro Un : Le Foreign Registration Office (FRO)

En tant que filles pratiques et organisées nous vérifions d’abord sur Internet les papiers dont nous avons besoin : photocopie de passeport, 4 photos, lettre de St Xaviers et preuve de domicile. Facile. Même trop facile pour être bon du premier coup.

Le bureau est situé juste à coté de St Xaviers. Pratique. Il est ouvert de 10h00 à 14h00. Pas pratique. C’est donc au lieu d’aller en cours que nous nous avançons fébrilement vers le bâtiment, avec tous nos documents dans une grosse enveloppe.

Une file interminable d’Indiens en tous genres attend devant des guichets, surement les 500 nouveaux habitants qui arrivent de leur campagne vers Mumbai chaque jour, et qui doivent s’inscrire pour trouver un job. Bon courage à eux.

Après une signature à l’accueil, on arrive devant un bureau.

Première surprise ; 3 employés sont derrière le guichet, mais une seule travaille activement. Les autres bavardent, et quand je vais les voir pour leur demander de l’aide, ils ne semblent même pas parler Anglais et me renvoient dans la file.

Deuxième surprise : la seule qui travaille est désagréable au possible, et nous répond sèchement que la lettre de St Xaviers n’est pas bonne, car elle n’est pas adressée au FRO. Suivant.

On revient le lendemain, après avoir tapé et imprimé nous-mêmes notre propre lettre de St Xaviers, mais bon ça c’est un autre problème, retour vers mademoiselle désagréable, et là 3eme surprise : tous les documents doivent être en 3 exemplaires, mais c’est pas grave y’a de quoi photocopier juste en bas. Ben voyons. Elle a sûrement jugé ça inutile de nous le dire la veille. C’est surtout ça qui est exaspérant ici c’est que les Indiens oublient toujours de te dire tout, et surtout le plus important, en une seule fois.

Cavalcade dans les escaliers pour aller « Xeroxer » comme ils disent.

4eme surprise : le mosieur de la photocopieuse n’étant pas encore arrivé au bureau, tous ses collègues du service photocopie sont dans l’impossibilité de nous photocopier nos documents et nous prient d’aller nous débrouiller seules au bout de la rue, dans une boutique. Grosse blague. Après avoir insisté et avoir plus ou moins énervé les employés, on y parvient, mais bien sûr il suffit que quelqu’un d’autre et surtout un homme se présente pour que ses photocopies soient faites avant les notres.

5eme surprise : Même en remontant les escaliers 4 à 4 on s’est fait griller nos places par pleins d’étrangers comme nous.

6eme surprise : En remplissant un formulaire en ligne, la demoiselle (une autre) est super hautaine et envoie paitre Cerise au lieu de l’aider.

7eme surprise : La demoiselle (encore une autre) lit en entier les 3 photocopies de ma lettre de St Xaviers.

8eme surprise : On doit payer 150Rps pour un minable cahier en carton moisi qui va sûrement  être réutilisé pour quelqu’un d’autre dès qu’ on aura le dos tourné.

9eme surprise : On doit re-remplir le même formulaire que celui en ligne. Mais sur papier. Vive le progrès.

10eme surprise : On doit repasser chercher nos documents à 16h00. On croyait que ça fermait à 14h00.

11eme surprise : Après avoir vu les piles désordonnées de documents qui s’élèvent jusqu’au plafond, on se dit qu’on a peut-être fait tout ça pour rien car la question se pose : En cas de besoin, sauront-ils retrouver les traces de notre enregistrement ?

Numéro Deux : L’inscription à Internet

Par prudence je ne nommerais aucune boite ni aucun vendeur ici, mais si vous comptez acheter un abonnement à internet en Inde, contactez-moi je vous dirais qui c’est.

Nous avons décidé d’acheter des cartes 3G qui coûtent moins cher qu’en France et permettent une connexion illimitée pour 15€/mois.

Première visite, nous apprenons que nous avons besoin des documents classiques, photocopies de passeport, preuve de domicile, preuve d’acceptation à St Xaviers. Rien de sorcier.

Deuxième visite, nous apprenons qu’il nous faut aussi un « local referee » c'est-à-dire un€ Indienn(e) qui nous accompagne et assure qu’il nous connait. Mumbai est encore traumatisé des attentats qui ont eu lieu en Novembre 2008 et toute cette extra-paperasse a été mise en place depuis, mais ça on ne l’apprendra que bien plus tard, vers la cinquième visite a peu près !

Troisième visite, nous ramenons les photocopies des papiers de notre propriétaire, qui a accepté d’être notre « local referee ». Manque de bol ce ne sont pas les bons, il manque une signature ici, il manque un p’tit tampon là, bref on entend notre premier « I’m really sorry » La moutarde commence à prendre.

Quatrième visite, ça fait quand même une semaine qu’on tente le coup, mais au détour d’un formulaire on s’aperçoit d’un truc bizarre, il nous manque un numéro. On demande. «  Aaaah ben voui excusez-nous on a omis de vous donner un autre formulaire, qui est pourtant le tout premier à remplir. Bougez pas on va vous le chercher. Il faudra coller une photo hein ? » Grosse blague.

Cinquième visite : On ramène le formulaire, le 2eme formulaire, la photo, on y croit à mort, on achète nos cartes 3G, 3500Rps (environ 55€) chacune. On retourne à l’appart, on les branche sur nos PC, on nous a dit qu’un mosieur aller passer pour vérifier notre adresse dans l’après-midi, juste une formalité. Les comptes seront activés ce soir, demain au plus tard.

Effectivement le mosieur passe, il a un cahier de brouillon et il demande à voir Laurent Azieres, le père de Cerise. On lui explique qu’il est en France, qu’on vit ici, qu’on peut lui montrer nos passeports, nos visas, notre contrat, nos valises, nos billets d’avions s’il le faut ! Mais il louche et il parle très mal Anglais, alors je suis pas sûre qu’il comprenne tout.

Effectivement il comprend rien. Nos cartes ne sont pas activées le soir. Il repasse le lendemain, il demande 14 fois à Cerise si elle s’appelle bien Laurent Azieres. On passe 15minutes à lui montrer par A+B que non, pas vraiment, et quand on pense qu’il a tout compris et qu’il va être très gentil et nous activer nos cartes, il nous explique qu’il travaille pour une boite de vérification d’adresses (Je vous l’avais dit y’a vraiment des métiers incroyables ici !) qu’il ne connait même pas notre fournisseur internet, qu’il va donner son adresse à un collègue qui va les taper sur PC et l’envoyer on ne sait pas trop à qui. Ils attendent un nom précis, et « by the way, who is Laurent Azieres ? Is it you ?” Et là on se rend compte qu’on n’a pas gagné la guerre, et qu’on n’a même pas encore gagné une bataille.

Résultat, ça c’était il ya une semaine, depuis on a harcelé la boutique au téléphone, on les a engueulé comme des furies, on les a menacé d’aller chez leurs concurrents, on a eu droit à des dizaines de « I’m sorry »on est retourné là-bas deux fois, on a découvert un peu par hasard que l’on devait faire tamponner notre contrat par la sacro-sainte administration pour la vulgaire somme de 110€, et on l’a fait au prix d’une après midi coincées dans des chaises en plastique, à côté de personnes du 3eme âge (senior citizens comme ils les appelent ici !) venus squatter les ventilos des bureaux toute l’aprem, à observer qui donnerais la plus grosse « bribe » et qui jouerait le plus des coudes pour que les fonctionnaires arrêtent de boire leurs 3L de chai quotidien à petites gorgées et qu’ils osent lever la tête de leurs journaux.

A l’heure d’aujourd’hui on y croit encore, on espère avoir un jour l’immense bonheur de pouvoir  arrêter de se sentir comme chez nous dans notre cyber-café, de commencer un blog et pouvoir revoir les frimousses de ceux qu’on aime à travers Skype.

(depuis cet article malheureux, vous vous en doutez, on a renoué avec les joies de la communication virtuelle ! Autant dire qu’on a hurlé de bonheur le soir où on a vu le petit logo en bas à droite, après 20 jours de galères, on a enfin pu geeker comme il se doit pour rattraper le temps perdu et donner des nouvelles fraiches !)

 

 

Par mathilde
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 15:55

 

Ici impossible de conduire ne serais-ce qu’un vélo,  compliqué de s’entasser dans un bus, et pendant la mousson, chiant de marcher sous la pluie, alors la meilleure option reste le taxi, appelé « cab ».

Le cab est en principe très bon marché, sauf quand les chauffeurs décident de t’arnaquer, c'est-à-dire tout le temps ! Le premier reflexe consiste à toujours avoir sur soi une « meter-card », une carte officielle des tarifs, que le chauffeur est aussi censé avoir, mais la sienne a parfois a un drôle de look artisanal, genre fabriquée à la maison et imprimée au cyber-café du coin où on la plastifie aussi pour la rendre plus crédible.

Le matin pour aller à St Xaviers College, à environ 10minutes de chez nous, on paye 50Roupies, soit 0.80 € ! Dimanche dernier pour aller à Juhu Beach, à 1h de taxi on a payé 250Roupies, soit 3.80€ !

Les cabs à l’ancienne sont jaunes et noirs, et possèdent encore ce charme des vieilles voitures bien entretenues. Ils sont parfois très décorés, avec des peintures de fleurs, de fruits, des messages sur le pare-brise arrière, des prières, des noms de dieux. Bref du bon kitsch joyeux à l’Indienne.

A l’intérieur c’est moquette à motifs dans les moindres recoins, banquettes hors-d’âge, stickers décolorés, levier de vitesse à gauche du volant, sur le tableau de bord. Mais le plus joli reste les mini-autels qu’ils fabriquent sur le tableau de bord, ça grouille, ça clignote de partout, ça sent l’encens à plein nez, ça disparait sous des offrandes de fleurs, ça superpose statuettes de Ganesh avec deux ou trois photos de gourous transformé en protecteurs des cabs pour l’occasion.

Parce que de la protection finalement, on en a tous besoin quand on est dans un cab. Pas de ceinture, conduite à gauche (ce qui est en soi pareil que conduire à droite, mais les 1ers jours c’est dur !) peu de freins, un seul mini essui glace dans un pays noyé sous la mousson pendant 2 mois, pas de rétroviseurs, et les clignotants c’est qu’à droite (ben oui parce qu’il n’y a qu’à droite que le chauffeur peut sortir son bras pour indiquer son virage aux autres!)

Les panneaux de la sécurité routière sur les bords des routes n’indiquent pas la vitesse maximale ou les bouchons, mais expliquent la signification des panneaux aux chauffeurs. Ici on apprend le code…en conduisant ! Mais de toute façon à quoi bon ? Puisque tout le monde grille les feux et que je pense pouvoir compter sur les doigts de la main le nombre de fois où on a traversé un carrefour pendant un feu…vert !

Après quelques jours on s’y fait, on n’a plus peur de finir encastré dans un poids-lourd à chaque démarrage ou d’écraser un piéton à chaque croisement. Mais ce à quoi on ne se fait pas c’est les chauffeurs désagréables, qui prétendent ne pas avoir de monnaie, où qui prétendent connaitre notre destination et nous perdent dans les quartiers chauds ! Ce à quoi on répond qu’on vit ici donc que leurs arnaques à touristes ne marchent pas sur nous. Bizarre de s’entendre dire ça.

Le plus drôle c’est de parier sur le chauffeur : est-ce qu’il a son permis ? Est-ce qu’il est défoncé au bétel ? (sorte de tabac rouge local, qu’ils se calent au fond de la mâchoire et qui les fait tellement saliver qu’ils crachent des maxi-mollards rougeâtres par la fenêtre à en faire pâlir d’envie le roi des lamas !) Est-ce qu’il a une idée de là où il va ? Est-ce qu’il va nous annoncer un prix exorbitant ?

Au-delà de ce tableau noir, prendre le taxi c’est aussi tomber sur des chauffeurs sympas qui essaient de nous baragouiner 3 mots en Anglais, qui te demandent le bon prix en te donnant spontanément la « meter-card », qui te proposent du bétel, qui chantonnent, qui sourient et rendent la monnaie, et qui finissent par un « you’re welcome, bye-bye »

Comme partout ici, la communauté des cabs regroupe le pire et le meilleur.

 

Par mathilde - Publié dans : Mumbai
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 14:57

Par mathilde - Publié dans : Mumbai
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 14:56

 

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Mais que faut-il faire pour arreter les klaxons a Bombay ?

 


Par mathilde - Publié dans : Mumbai
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 13:56

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Départ de CDG avec Julie, dernier verre en famille, dernier coucou après la douane et nous voilà seule avec nos bagages à main, un peu mal à l'aise, avec d'un côté l'impression de partir loin, mais en vacances, et de l'autre cette boule d'adrenaline et de curiosité au fond de soi, à l'idée de partir vivre 1 an à l'autre bout du monde, dans ce pays dont on ne savait rien ou si peu avant de l'avoir choisi !

Le pilote loupe son atterrissage une première fois à Heathrow Londres, ce qui nous vaut quelques regards angoissés et une prière silencieuse pour que ce ne soit pas lui notre pilote jusqu'a Mumbai !
Les choses ne sont toujours pas trés concrètes dans nos têtes, on est dans un avion avec plein de Français qui vont à Londres début juin :  vacances, expats, stages ?
Là où ça devient déja plus réaliste c'est quand on atteint notre porte d'embarquement pour le vol vers Mumbai ; une foule d'Indiens, des grands, des vieux, des petits, des gros, tous en saris et en turban, tous à nous regarder comme si on s'était trompé d'avions !
Après on réalisera que sur l'avion de presque 450 personnes, on devait être une dizaine d'Occidentaux. C'est pas la bonne saison pour venir en Inde.

Après 9h d'avion, un repas (déjà) épicé servis par de hotesses Indiennes ravissantes dans leur "saris", un formulaire sur la grippe porcine rempli, quelques mots échangés avec mon voisin Indien, pas mal de turbulences, quelques heures de sommeil après un film débile, quelques mots dans mon carnet de voyage, on attéris sur le sol Indien.

La première chose que l'on voit c'est les toits d'un bidonville. La première chose que l'on sent c'est la chaleur. La première chose que l'on fait c'est de rester 2heures abasourdies dans le hall, en attendant Cerise, sans oser vraiment sortir.

On retrouve Cerise, qui a voyagé avec Emirates Airlines, puis Julien qui nous amène vers les "taxis" (voir article "prendre un cab à Mumbai") C'est donc avec une valise coincée dans le coffre qui ne ferme pas et l'autre attachée au toit par une ficelle qu'on s'élance pour une course folle à travers Mumbai.

Et là c'est le choc. Le vrai. Si rien n'avait vraiment pris une forme concrète sur ce à quoi on pouvait s'attendre jusque là, en 1 heure on se prend tout dans la gueule. Je n'aurais jamais pu imaginer le traffic de chauffards, et au milieu les vaches, les grattes-ciels luxueux et au milieu les bidonvilles avec les toits bachés, la foule transpirante, pieds-nus, qui avance au bord de l'autoroute sans notion du danger.
Mais l'image qui restera gravée sûrement longtemps dans mon esprit c'est celle que j'ai vu après un virage : là une femme en train de laver son linge dans l'eau de l'égout, et ses deux bébés nus assis par terre, en train de pleurer, sans que personne n'y prête attention, livrés à eux-mêmes à 2m des camions et des taxi qui foncent.
On dit que l'Inde est la puissance de demain, c'est surtout et encore un pays du tiers-monde.

 


Par mathilde - Publié dans : Mumbai
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